Programme Obésité

Recherche action sur l’obésité dans les QPV. Évaluer les actions publiques et agir ensemble dans les quartiers  Éducation thérapeutique et prévention par l’activité physique (2017-2020)

Laboratoires partenaires

  • Sport et sciences sociales (E3S, UR1342)
    Coordination : William Gasparini et Sandrine Knobé
  • Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE, UMR7363)
    Coordination : Christian Bonah et Catherine Jung

Équipe "Sport et sciences sociales"

Pauline Blanc, William Gasparini, Marine Grassler, Sandrine Knobé, Lisa Lefevre, Floriane Lutrat

Financements

Agence régionale de santé Grand-Est

Ville de Strasbourg

Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET)

Présentation

Le projet de recherche-action propose de questionner les déterminants sociaux et territoriaux de l’obésité et le rapport à l’obésité des patients adultes/familles vivant en milieu précaire dans un QPV à travers deux études menées en parallèles sur le quartier du Neuhof.

1/ Patients et professionnels de la santé : agir ensemble contre l’obésité (Bonah et Jung ; Laboratoire SAGE)

Cette étude consiste en l’analyse qualitative de la manière dont les patients vivent leur pathologie en situation précaire. Les résultats permettront d’élaborer de nouvelles stratégies éducatives « d’agir ensemble » pour leur prise en charge avec les professionnels en santé et de former certains patients précaires des QPV pour devenir des patients-partenaires de l’éducation et du soin ainsi que des patients-formateurs.

2/ La prévention de l’obésité par l’activité physique dans les QPV (Gasparini et Knobé ; Laboratoire E3S)

Cette étude vise l’analyse de l’offre et de la demande d’activité physique des personnes obèses et en surpoids. Il s’agira ici de comprendre les facteurs incitatifs ou dissuasifs qui conduisent ou non ces personnes à « entrer » en activité physique dans un cadre organisé ou non et à saisir les diverses modalités de pratique (seul, en famille, avec les enfants, entre pairs, en club, avec un professionnel de santé…).

Manifestations scientifiques

18/01/2017 : journée d’étude « Surpoids et précarité. Données quantitatives : réflexions et analyses autour d’une synthèse »

19/09/2017 : journée d’étude « Surpoids et activité physique dans les quartiers populaires : le poids des inégalités sociales de santé »

13/06/2018 : séminaire méthodologique « Enquêter sur la santé dans les quartiers »

08/10/2018 : séminaire doctoral « Santé et sport-santé : patients, acteurs et dispositifs. Approche comparative franco-italienne en sociologie et en anthropologie »

16/11/2018 : journée d’étude « La voix des patients-partenaires. Co-construire un projet d’information et de formation sur le poids et le surpoids en QPV »

17/10/2019 : journée d’étude « La fabrique sociale du sport-santé : pratiques, enjeux et perspectives »

Publications et communications

Publications

Grassler M., Knobé S., Gasparini W., « Contrôle du poids des enfants et activité physique dans un quartier populaire strasbourgeois : modèles familiaux et recommandations de santé publique », Enfances, familles, Générations, 2019 (à paraître).

Grassler M., Knobé S., Gasparini W., « Les parcours de prévention par le sport de l’obésité chez les enfants d’un quartier populaire strasbourgeois : transmissions familiales et rapports à l’activité physique », Movement & Sport Sciences - Science & Motricité, 2019. [consultable en ligne]

Communications

Knobé S., « Comment encourager la pratique d’activités physiques ? Quelques éléments de réflexion autour de dispositifs publics de promotion de la santé par les activités physiques », Université européenne du sport, UFOLEP, Strasbourg, 11-12/07/2017.

Knobé S., Grassler M., Gasparini W., « Les transmissions familiales du goût à l’activité physique : l’exemple des enfants d’un quartier populaire strasbourgeois », Festival International de Sociologie, « La fabrication des corps au 21ème siècle : éduquer, soigner, augmenter, identifier », Épinal, 16-22/10/2017.

Lutrat F., « L’engagement des personnes obèses dans un mode de vie actif après le dispositif Sport-santé sur ordonnance de Strasbourg », Colloque « Monde du sport, monde de la santé : quelles relations, quels croisements ? », Université Paris Descartes, Paris, 17/11/2017.

Lutrat F., « S’engager dans un mode de vie actif lorsqu’on est obèse : inégalités sociales de santé et trajectoires individuelles. L’exemple du dispositif Sport-santé sur ordonnance (Strasbourg) », 2ème journée doctorale interne de l’E3S, Strasbourg, 09/03/2018.

Lefevre L., Marsault C., Vieille Marchiset G., « La richesse de l'expérience corporelle de l’adolescent obèse en EPS », Journée Francophone en Activités Physiques Adaptées, Toulon, 23/05/2018.

Lefevre L., Marsault C., Vieille Marchiset G., « De la tâche motrice à la situation phénoménographique : le cas de l’élève obèse en EPS », Biennale de l'Association pour la Recherche sur l'Intervention en Sport (ARIS), Lille, 19-21/06/2018.

Knobé S., « Physical activity programs for health promotion: examples of sociological studies commissioned by local organizations », Congrès de l’ISSA (International Sociology of Sport Association), Lausanne, 5-8/06/2018.

Knobé S., « Pluralité des trajectoires de patient·e·s face aux actions de promotion de la santé par les activités physiques », Journée d’étude « sport et santé », Body-week 2018, Université Paris Descartes, Paris, 25/06/2018.

Grassler M., « Childhood obesity, social inequalities of health and physical activity: monograph of three disadvantaged neighborhood in Alsace », Séminaire de l’E3S, « Santé et sport-santé : patients, acteurs et dispositifs. Approche comparative franco-italienne en sociologie et en anthropologie », Strasbourg, 08/10/2018.

Lutrat F., « Trajectory and engagement in an active lifestyle of people overweight after the Sporthealth-on-prescription device of Strasbourg », Séminaire de l’E3S, « Santé et sport-santé : patients, acteurs et dispositifs. Approche comparative franco-italienne en sociologie et en anthropologie », Strasbourg, 08/10/2018.

Lutrat F., « Les perdus de vue du sport sur ordonnance », Colloque intermédiaire du CR 35 « Sociologie du sport » de l’AISLF, « Activité physique, santé et innovations : questions scientifiques – questions sociales », Lyon, 15-16/11/2018.

Grassler M., « Surpoids et obésité chez l’enfant, inégalités sociales de santé et activité physique. Monographie de trois quartiers populaires en Alsace », Congrès international 3SLF, Bordeaux, 21-23/05/2019.

Marsault C., Lefevre L., Vieille Marchiset G., « Get free of standards in PE: the experience for obese teenagers », Congrès international de l’AIESEP, New-York, 19-23/06/2019.

Marsault C., « French medical prescription of sport-health: Analysis of its construction », Congrès international de l’AIESEP, New-York, 19-23/06/2019.

Knobé S., « Se (re)mettre à l’activité physique : logiques sociales et engagement pluriel dans des actions de "sport-santé" », Congrès de la Société Suisse de Sociologie, Neuchâtel, 10-12/09/2019.

Grassler M., « Réception sociale et appropriation des dispositifs de lutte contre le surpoids et l’obésité chez les enfants par les familles des quartiers populaires », Journée d’étude « La fabrique sociale du sport-santé : pratiques, enjeux et perspectives », Strasbourg, 17/10/2019.

Lutrat F., « Parcours de bénéficiaires de « Sport-santé sur ordonnance » : pluralité des expériences, engagement et désengagement dans une activité physique régulière », Journée d’étude « La fabrique sociale du sport-santé : pratiques, enjeux et perspectives », Strasbourg, 17/10/2019.

Blanc P., « Les maisons du sport-santé : nouvel instrument d’une action publique locale de promotion de la santé ? L’exemple de Strasbourg », Journée d’étude « La fabrique sociale du sport-santé : pratiques, enjeux et perspectives », Strasbourg, 17/10/2019.

Enquêtes

Cartographie de l’offre d’activité physique dans le quartier du Neuhof (2017)

Intitulée « Le sport se cache derrière votre quartier », une cartographie interactive a été réalisée par un groupe d’étudiantes de Master APAS de la Faculté des sciences du sport. Outil au service de tous les acteurs du sport et de la santé de la ville, elle recense tous les équipements sportifs conventionnels ou non conventionnels, ainsi que les activités proposées dans le quartier avec les horaires, les jours et les coordonnées de l’association organisatrice.

Transmettre le « goût » de l’activité physique dans les quartiers populaires : une étude qualitative (2017)

Réalisée dans le cadre d’un mémoire de Master et d’un stage au sein du laboratoire Sport et sciences sociales, une étude a été menée dans le quartier du Neuhof afin de comprendre comment se transmet le « goût » de l’activité physique chez les enfants en situation de surpoids de familles résidentes dans ce quartier prioritaire de la politique de la ville. Des entretiens ont été réalisés auprès d’un échantillon de 10 familles (enfant et au moins un parent) comprenant deux types d’enfant en surpoids : des enfants participant au dispositif PRECCOSS et des enfants n’y participant pas. Ils ont été interrogés sur leurs pratiques d’activités physiques quotidiennes et leurs représentations de la santé. Cette enquête a permis de comparer et de relever des points de divergence dans la transmission du « goût » de l’activité physique entre ces deux types de famille (PRECCOSS et NON PRECCOSS).

Maternité, expériences corporelles et activités physiques en milieu populaire (2018)

Réalisée dans le cadre d’un mémoire de Master et d’un stage au sein du laboratoire Sport et sciences sociales, une étude a été réalisée quant au vécu du surpoids des femmes après une ou plusieurs maternités. L’analyse porte sur l’importance des changements vécus par les femmes au cours de la période de maternité. Avec l’émergence d’injonctions contradictoires, entre être une « bonne » mère, concilier son emploi, s’occuper du foyer ou encore s’occuper de soi, la vie se bouleverse et les priorités ne sont pas les mêmes. Ainsi, l’objectif de l’étude a été de saisir l’importance et la mouvance des expériences corporelles de femmes de milieux populaires dans leur rapport à leur corps, à la famille mais également à la société et à l’activité physique. À partir des récits de 7 femmes issues de milieux populaires, l’étude a cherché à comprendre les enjeux liés à la maternité et les réaménagements du quotidien. Elle a notamment montré comment la maternité s’inscrit dans les trajectoires biographiques de ces femmes en modifiant leur image corporelle et en limitant leur pratique d’activités physiques ou sportives.

Inégalités de santé et pluralité des rapports sociaux : une comparaison franco-allemande (2018)

Prenant appui sur les données issues de la 7ème édition (2014) de l’enquête European Social Survey (ESS), un travail de comparaison entre la France et l’Allemagne a été réalisé sur la thématique de la santé et de l’accès aux soins. L’accent a particulièrement été mis sur les différences de perception et de pratique entre hommes et femmes. Que ce soit en France ou en Allemagne, être une femme ne semble pas significativement corrélé au fait de déclarer une plus mauvaise santé à situation socio-économique, âge et profil migratoire similaire. Cependant, les niveaux de diplômes et les revenus plus faibles sont associés à une probabilité plus importance de déclarer une mauvaise santé au sein des deux populations. L’effet de la migration n’est significatif qu’en France, montrant une persistance des inégalités en fonction de l’origine culturelle, mais également de la situation socio-économique. Les individus se déclarant en mauvaise santé sont également moins enclins à pratiquer des activités physiques. Et enfin, les individus en surpoids ou obèses ont plus de chance de se déclarer en mauvaise santé en Allemagne tandis que cette modalité n’est pas corrélée en France. Les difficultés de recours aux soins concernent plus fréquemment les femmes. En France et en Allemagne, une mauvaise santé est corrélée avec la probabilité d’aller plus souvent chez le médecin, de déclarer plus souvent des gênes dans les activités du quotidien, d’avoir plus souvent un sentiment de dépression ainsi qu’une vie sociale subjective plus réduite, toutes choses égales par ailleurs.

Rencontre-débat avec des femmes du Neuhof : « quelle expérience de l’activité physique ? » (2018)

Une rencontre-débat avec des femmes résidant dans le quartier du Neuhof a été organisé afin de recueillir leurs avis sur la pratique d’activité physique. Les récits de ces femmes ont permis de mieux comprendre leur engagement dans des activités physique et/ou sportive. L’articulation des domaines privés et professionnels apparaissent comme le socle principal des inégalités d’accès à la pratique d’une activité physique ou sportive chez les femmes. Elles évoquent notamment leur double journée, c’est-à-dire le cumul d’un emploi salarié et du travail domestique. Souvent les femmes légitiment le non ou moindre investissement de leur conjoint car elles se sentent plus aptes ou en devoir de prendre en charge seule le travail domestique et parental. Elles soulignent toutefois l’importance des soutiens familiaux, amicaux ainsi que la prégnance du rôle de certains professionnels de santé dans leurs éventuelles pratiques physiques ou sportives. Les femmes interrogées mettent souvent en avant le manque de temps, d’argent, de volonté ou encore la fatigue comme étant les principaux freins à la pratique sportive. Elles évoquent également une offre de pratiques insuffisantes ou mal connues.

La pratique de la marche des collégiens et la marchabilité de leurs espaces : Le cas du quartier du Neuhof (2019)

Réalisée dans le cadre d’un mémoire de Master et d’un stage au sein du laboratoire Sport et sciences sociales, une étude a été réalisée sur la pratique de la marche de collégiens et leur perception de la marchabilité du quartier d’habitation. 264 questionnaires ont été complétés par des collégiens en classe de 6ème et de 3ème de deux collèges situés dans le quartier du Neuhof. Au-delà des seules considérations du recours à la marche – pour se rendre au collège notamment –, l’étude a mis en évidence l’importance des groupes de pairs. En effet, à cet âge, le groupe influence une partie des comportements, par effet de contagion ou de conformisme, et peut orienter par exemple le choix des modes de déplacements (entre le vélo, la marche et les transports en commun). Avec l’avancée en âge, les collégiens accèdent progressivement à des formes d’indépendance dans leurs déplacements. Majoritairement, les parents autorisent les enfants de cet âge à se déplacer seuls dans leur quartier d’habitation. L’aménagement de la voirie avec des trottoirs en bon état et un éclairage suffisant participe aussi à l’augmentation d’un sentiment de sécurité qui s’avère plus élevé pour les garçons que pour les filles. La marchabilité, qui renvoie à l’idée d’aménagements urbains favorables à la marche, est ainsi perçue différemment selon le sexe du collégien. L’importance d’un cadre agréable et sûr constitue un levier d’incitation à la marche. L’étude réalisée auprès des collégiens indique également qu’une pratique plus importante de la marche pour cette tranche d’âge nécessite un travail sur les représentations associées à cette activité ou mode de déplacement souvent considérée comme une pratique réservée aux personnes âgées.

Rencontre-débat avec des femmes du Neuhof : « être bien dans son corps » (2019)

Une rencontre-débat avec des femmes résidant dans le quartier du Neuhof a été organisé afin de recueillir leurs avis sur la pratique d’activité physique et leur rapport au corps et à la santé de manière plus globale. Une dizaine de femmes ont participé à cette réunion-débat. Afin de rendre les débats plus dynamiques, les participantes choisissaient une photo qu’elles souhaitaient commenter, en rapport avec la thématique « être bien dans son corps ». De cette manière, les participantes ont pris la parole chacune à leur tour pour présenter et commenter leur photo. Il ressort de ces discussions plusieurs éléments remarquables :

  • ces femmes sont actives physiquement et privilégient des activités comme la marche, la natation ou le vélo, souvent en complément de la gymnastique qu’elles pratiquent au centre socioculturel. Leurs pratiques sont pour la plupart régulières et répétées au cours de la semaine.
  • les modalités de pratique varient d’une participante à l’autre. Ainsi, certaines n’hésitent pas à faire des exercices « à la maison », alors que d’autres se rendent seules à la piscine (et apprécient cette autonomie), tandis que d’autres encore préfèrent une pratique en groupe au centre socioculturel ou pour l’une des participantes, dans le cadre du dispositif « sport-santé sur ordonnance ».
  • les femmes présentes soulignent fortement les effets « positifs » d’une pratique d’activité physique ou sportive et ce à différents niveaux. Si elle est globalement considérée comme bénéfique pour la santé, plus précisément parfois elle apparaît comme un facteur de bien-être mental, un outil de gestion du poids corporel ou un moyen de lutter contre les effets du vieillissement.
  • l’activité physique est parfois entravée ou limitée par des problèmes de santé. Elle peut également être préconisée comme pour une participante qui, du fait de son surpoids, a été orientée vers le dispositif « sport-santé sur ordonnance ».
  • ces femmes, qui pour la plupart sont à la retraite, évoquent les discontinuités de leurs pratiques sportives au cours de leur vie et soulignent aussi le caractère physique voire délétère de leur activité professionnelle antérieure. À la retraite, ces femmes disposent de davantage de temps libre à consacrer à des activités physiques ou sportives, que souvent elles avaient arrêtées du fait de contraintes professionnelles ou domestiques.
  • marquées par des conditions de travail difficiles usant les corps, mais également par des environnements de vie décrits parfois comme insécurisés et dégradés, ces femmes semblent soucieuses de leur état de santé et de forme, et cherchent à le préserver en tenant compte des recommandations de santé publique.

Les discussions montrent ainsi que les femmes sont attentives à leur santé en essayant de tenir compte des recommandations tant en matière d’alimentation que d’activité physique. Mais ce sont aussi leurs propres ressentis corporels et les émotions qu’elles associent à l’activité physique et à l’alimentation qui constituent des leviers importants d’appréciation de leurs pratiques au quotidien.

Thèses

Soutenue le 15 février 2019, Lisa Lefevre, « Obésité adolescente et expérience corporelle en EPS : entre agir et subir les contraintes normative », sous la direction de Gilles Vieille Marchiset et Christelle Marsault.

En cours, Floriane Lutrat, « S’engager dans un mode de vie actif : parcours de vie et prescription médicale de l’activité physique. L’exemple du dispositif « Sport-santé sur ordonnance » à Strasbourg », sous la direction de William Gasparini.

En cours, Marine Grassler, « Surpoids et obésité chez l’enfant, inégalités sociales de santé et activité physique. Monographie de trois quartiers populaires en Alsace », sous la direction de William Gasparini et Sandrine Knobé.

En cours, Pauline Blanc, « Promouvoir la santé et prévenir les maladies chroniques par l’activité physique : la "maison du sport-santé" comme nouvel outil d'une action publique locale. L'exemple de Strasbourg », sous la direction de William Gasparini.